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Contre-analyse de la datation du Zodiaque de Dendéra par Aubourg.

Rédigé et illustré par A.N.K. Article under copyright.


Sommaire :

- Introduction.
- Datation du Zodiaque de Dendera.
- Positions planétaires du Zodiaque de Dendéra.
- Éclipse solaire totale selon Aubourg.
- Éclipse ou Constellation ?
- La Constellation Pisces et ses étoiles.
- Éclipse lunaire selon Aubourg.
- La Galaxie Egyptienne d'Andromède.
- Les Ascensions droites du Zodiaque de Dendéra.
- Position réelle de l'étoile Sirius
- Sirius est Sopdet ou Sopdou ?
- Axe du Temple de Dendéra.
- Calendrier à degrés égyptiens.
- Saisons égyptiennes.
- Décans ou hémisphères.
- Les Déclinaisons du Zodiaque de Dendéra.
- Conclusion.
- Bibliographie et sources.

Chaque carte présentée dans cette contre-analyse peut s'afficher en grande taille avec un clic droit ===> Afficher l'image.

Pour information technique cette contre-analyse se sert des éphémérides de la bibliothèque XEphem du website Pyephem et des données astrométriques du website Simbad.

Sur les cartes de cet article comme sur l'ensemble des cartes de ce site, les cartes stellaires proposées affichent une Rose des Vents non activée car le sculpteur du Zodiaque de Dendéra a utilisé une projection stéréographique conique avec l'étoile Polaris au centre du disque. Cette Rose des Vents sert donc juste à vous y retrouver plus facilement selon la convention Internationale Géographique qui place généralement le Nord en haut d'un carte mais si vous souhaitez connaître la véritable orientation de cet artefact du temps où il faisait encore partie du plafond de la "chapelle" Est du Temple de Dendéra, vous pouvez lire cet article.


Introduction

En vous intéressant au Zodiaque de Dendéra, vous avez probablement lu le PDF édité par l'IFAO (l’Institut Français d'Archéologie Orientale) rédigé par Éric Aubourg qui propose une datation (précise) du "Zodiaque de Dendéra" ainsi que de la fondation du Temple qui abrita ce fameux artefact. Cet article a pour objet d’en faire une contre-analyse.

Une petite présentation concernant Aubourg s'impose. Astrophysicien au CEA (Commissariat à l'Energie Atomique) et au laboratoire APC de l'Université Paris-Diderot, il fut membre du jury d'admission pour les concours de recrutement des chargés de recherche au CNRS relevant des sections concernées par les activités du département scientifique : "Physique nucléaire et physique des particules". Parallèlement, c'est aussi un égyptologue passionné par l'orientation astronomique des temples et des tombes, le contenu astronomique de bas-reliefs et les écrits datant de l'Égypte ancienne sur ce sujet. En 1995, il rencontre l'égyptologue Sylvie Cauville qui a écrit de nombreux livres sur le sujet du Temple de Dendéra. Elle fût l'égyptologue attitrée du Musée du Louvre concernant cet artefact jusqu'au début de l'annnée 2021. Même si la spécialité de Eric Aubourg est l'astrophysique, il prétend qu'il a trouvé une méthode infaillible pour dater les monuments égyptiens en utilisant l'astronomie. Nous allons voir si nous pouvons nous fier à lui.

A sa décharge, soulignons qu'en 1995, l'astronomie ne bénéficiait pas encore de données extrêmement précises obtenues par les satellites et de logiciels les exploitant. Ce n'est qu'à partir de 2006 que la Nasa a affiné son son calcul des éclipses en exploitant ces données sur de puissants ordinateurs omme on peut le lire dans cet article de la Nasa.


Datation du Zodiaque de Dendera :

En général, la majorité des personnes qui s'intéresse au Zodiaque de Dendéra croit que c'est Jean-François Champollion qui le premier a daté cet artefact en le situant vers 50 AEC. Mais c'est une erreur, Champollion lui la daté du IIe siècle sous l'empire romain. Vous pouvez lire l'enquête "La Face Cachée de Champollion ou les Coulisses de l'Egyptologie" qui vous dévoilera en détails, l'incompétence de Champollion en matière d'astronomie, entre autre.

Ce n'est pas non plus Eric Aubourg qui fût le premier, en effet, cette datation est due à Sylvie Cauville qui indiqua de manière précise dans son livre "Le Temple de Dendera, Guide archeologique page 4, publié en 1990 par l'IFAO, que le temple de Dendera fût fondé le 16 Juillet 54 AEC. On ne sait pas d'où elle a sorti cette date, elle ne fait nulle part mention dans ce livre du nom de ou des astronomes qu'elle aurait consulté.

Le rôle de Eric Aubourg se cantonna à confirmer astronomiquement la date de Sylvie Cauville, c'est ainsi qu'en 1995, fût publié par l'IFAO, la théorie de l'astrophysicien.

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Zodiaque de Dendéra en grès extrait du plafond du Temple en 1821 et exposé au Musée du Louvre, Paris.

Rappelons qu'il n'existe qu'un seul sens de lecture fiable selon la présentation logique du Zodiaque de Dendéra comme expliqué dans cet article.

Nous allons confier la contre-analyse de l'étude de Eric Aubourg aux mains de l'astronomie moderne qui va vous démontrer pourquoi et comment il a eu tort de se servir de l'astronomie comme si il s'agit d'une matière mineure que tout le monde peut manipuler à sa guise, et ce dans l'unique but de confirmer la datation de Sylvie Cauville. Commençons par ce qu'il a estimé être des planètes censées être représentées de manière figurative :


Positions planétaires du Zodiaque de Dendéra :

Selon Aubourg, la datation de la fondation du temple d’Hathor remonterait au "16 juillet -54" selon son indication page 1. Dans la page 4 du PDF, on peut voir une représentation du Zodiaque de Dendéra montrant la position des planètes, les positions du Soleil et de Lune ainsi que quelques constellations incluant celles de l’écliptique selon les indications de Aubourg. Voici ci-dessous sa représentation :

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Représentation du Zodiaque de Dendéra visible page 4 du PDF de Éric Aubourg.


Mais cette représentation du Zodiaque de Dendéra est particulièrement compliquée à décrypter parce qu’il n’a pas pris la peine de distinguer les différents personnages avec des couleurs différentes, de plus il a utilisé la même police de caractère pour chacune de ses indications et enfin sa représentation n’est pas conforme dans son orientation par rapport à l’époque où le Zodiaque de Dendéra était encore accroché au plafond de la "petite chapelle". C’est pourquoi l’auteur de cette contre-analyse a donc rendu plus clair à comprendre la représentation du Zodiaque de Dendéra de E. Aubourg afin de ne pas vous perdre. Voici ci-dessous la représentation de E.Aubourg à gauche sur fond blanc avec les personnages censés représenter des planètes visibles à droite sur fond noir :

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Voici ci-dessous la représentation du Zodiaque de Dendéra de Aubourg avec ses personnages superposés par des cercles (ce qui convient mieux comme forme géométrique lorsqu’on évoque un sujet traitant d’astronomie), sa représentation du Zodiaque de Dendéra est insérée dans des cadrans circulaires astrométriques afin de nous référer à l’astronomie moderne :

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Il faut savoir qu’en astronomie, les planètes ne sont pas disposées selon le bon vouloir d’un théoricien. On se doit de respecter la réalité ici simulée par le calcul des éphémérides sur ordinateur qui positionne naturellement les planètes de part et d’autre de l’écliptique (le plan dans lequel notre planète évolue autour du Soleil, mais vu de la Terre où se déplace le Soleil dans le ciel), les orbites des planètes se trouvent proches de ce plan). Il ne s’agit donc pas de les placer à la main où bon nous semble comme l’ont fait le Musée du Louvre et Aubourg en désignant des personnages sur le Zodiaque de Dendéra. Alors pourquoi Aubourg a-t-il identifié des personnages si éloignés du plan de l’écliptique ?

Aubourg utilise plusieurs dates pour déterminer la position des planètes par rapport à un événement, une date pour la fondation du Temple de Dendéra, une autre date concernant une éclipse solaire totale et une dernière date pour une éclipse lunaire. Commençons par la date de la fondation du Temple. Eric Aubourg nous indique page 6 de son PDF :

"Pour mémoire, le 16 juillet 54, les planètes sont dans la configuration suivante :

– Mercure : dans le Cancer ;
– Vénus : dans le Cancer ;
– Mars : dans la Balance ;
– Jupiter : dans le Bélier ;
– Saturne : dans le Lion.

Selon les données des éphémérides pour cette date, si nous reprenons les indications de Éric Aubourg, voici les erreurs qu’il a commises :

– Mercure : dans le Cancer ; c’est juste.
– Vénus : dans le Cancer ; non dans les Gémeaux ;
– Mars : dans la Balance ; non dans la Vierge ;
– Jupiter : dans le Bélier ; c’est juste.
– Saturne : dans le Lion ; non dans le Bélier.

Ce qui est très particulier de la part d’Aubourg c’est qu’il nous désigne des positions pour les planètes sans tenir compte des positions du Soleil et de la Lune. Comme si, cet astrophysicien s’était servi de deux Zodiaques de Dendéra, un pour la position des planètes et un autre pour les positions du Soleil et de la Lune. Eric Aubourg trouve logique ensuite de superposer ses deux zodiaques en un seul pour argumenter soit sa théorie de la date de la fondation du Temple, soit sa théorie des éclipses.

En effet, si Aubourg opte pour la date du 16 juillet -54 en nous indiquant la position des planètes dans les constellations de l’écliptique, il doit forcément tenir compte de la position du Soleil et de la Lune. Découvrons ci-dessous où ces deux astres se trouvaient lors de cette date du 16 juillet -54 :

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Lors du 16 juillet -54 le Soleil se trouvait entre le Lion et les Gémeaux (soit dans le Cancer) et la Lune se trouvait en Scorpion. Ce qui ne colle plus avec sa théorie sur les éclipses qu'il situe pour l'éclipse solaire près des Poissons et pour l'éclipse lunaire entre les Poissons et le Bélier. Voici ci-dessous, la carte montrant la position du Soleil et de la Lune ainsi que la position des planètes :

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Aubourg a-t-il omis (volontairement ?) de nous indiquer la position du soleil et de la lune ? Ensuite il consacre après ses positions planétaires un chapitre très étrange page 6,7 et 8 de son PDF dont voici un extrait :

"D’autre part, la combinaison du mouvement de la Terre et de leur mouvement propre rend la trajectoire des planètes irrégulière : lorsque la Terre et une planète se rattrapent, la planète semble s’arrêter dans sa course, revenir en arrière un instant en faisant une petite boucle, puis repartir de nouveau en avant. C’est ce qu’on appelle, pour les planètes supérieures, une opposition, la Terre se trouvant entre le Soleil et la planète, et pour les planètes inférieures, une conjonction inférieure, la planète se trouvant entre la Terre et le Soleil."

Eric Aubourg semble vouloir nous expliquer ce qu’est une rétrogradation ou une boucle synodique, mais le 16 juillet -54, seule la planète Mercure est en rétrogradation comme indiquée dans le cadre vertical à gauche sur la carte. Ensuite Aubourg propose un tableau qui va de l’année -54 à l’année -48 en nous détaillant les positions des boucles synodiques des planètes qui se sont manifestées entre ces deux périodes. Mais sachant qu'il y a des rétrogradations tous les ans depuis la Nuit des Temps, aucune d’elles n’est particulièrement "incroyable" pour qu’on juge nécessaire de les graver dans la pierre. Et si tel avait été le cas, pourquoi Aubourg finit-il par dater la fondation du Temple au 16 juillet -54 où seule Mercure est en rétrogradation ?

Voici ci-dessous la compilation du déplacement des planètes dans la période qui va de -54 à -48. Dans l’écliptique vous pouvez observer les boucles synodiques et dans le cadre "Retro" en haut à gauche sont indiquées les planètes qui ont rétrogradé (flèche orange) lors de chaque année de cette période :

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Selon la théorie de Aubourg, durant cette période de -54 à -48, les planètes à cause de leur rétrogradation respective, le ciel aurait donné l’impression qu’il était figé et c’est pour cette raison selon lui que le Temple aurait été bâti. Mais nous constatons en prenant comme date générique le 16 juillet que le ciel était loin d’être figé en sachant que les planètes Jupiter et Saturne sont des planètes dites "lentes" et que forcément elles semblent figées en stationnant un certain temps dans la même constellation de l’écliptique, mais il n’y a rien d’extraordinaire à ça.

Evidemment Eric Aubourg n’a pas choisi l’année -48,-49 ou -50, sinon le Temple aurait été construit après la datation qu’il accorde au Zodiaque de Dendéra qui selon lui date du 7 mars -51. Alors, pour rester logique, il fixe la fondation du Temple en -54 afin que selon lui les travaux durent 3 ans pour qu’ensuite on sculpte le Zodiaque de Dendéra au plafond de la "chapelle" sur la "terrasse" du toit.

Cela suppose que les Anciens Égyptiens pouvaient calculer avec précision une éclipse solaire 3 ans avant qu’elle ait lieu, mais aucun papyrus égyptien ne démontre la capacité des Egyptiens pour arriver à une telle prouesse astronomique. En effet, la prédiction d'une éclipse solaire est arrivé bien plus tard. Aucune civilisation antique n’y est arrivée et certainement pas celle des Grecs ni celle des Mésopotamiens selon Denis Savoie, astronome et historien des Sciences.

En Occident, il fallut attendre le 14e siècle pour que l’astronome Byzantin Nicéphore Gregoras, le premier prévoie avec exactitude l’éclipse solaire du 16 juillet 1330 observable à Vienne. De plus, 3 ans pour créer un tel temple, c’est assez court comme délai, d’autant plus que le Roi macédonien Ptolémée XII en -54 devait gérer une révolte des Egyptiens dans toute l’Égypte contre son règne cahotique, mais aussi contre la garnison de légionnaires qui pour le protéger, stationnait à Alexandrie. Ptoléméé XII revint sur le trône en -58, contre le désir du peuple d’Alexandrie qui l’en avait chassé. (Pour en savoir plus sur Ptolémée XII, cliquer ici)

Après son analyse des "oppositions" et des rétrogradations des planètes durant la période qui va de -48 à -54, Aubourg nous propose une autre date celle du 7 mars -51, où selon lui, une éclipse solaire totale aurait eu lieu et qui aurait été observée par les Égyptiens.


Éclipse solaire totale selon Aubourg :


L’éclipse annulaire du 7 mars -51 (-50 selon le calendrier astronomique) dont le maximum de son occultation a duré moins de 7 minutes fut observable selon la Nasa dans le Détroit de Gibraltar et sur toute la bande incluant la liste des autres pays qui l’ont observée. Cette liste n’inclut pas l’Égypte. Voici ci-dessous une carte de la Nasa montrant l’éclipse annulaire du 7 mars -50, on y observe la position du soleil en vert. Cette carte est disponible sur la plateforme de la Nasa en suivant ce lien.

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Éclipse solaire du 7 mars -50, Saros 58, catalogue des éclipses solaires, source Nasa.


Si vous avez du mal à comprendre la carte ci-dessus, la Nasa propose une autre carte (que vous trouverez en suivant ce lien) comme celle-ci ci-dessous :

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Interactive Eclipse Path Using Google Maps, éclipse solaire annulaire du 7 mars -50, source Nasa.


Sur la carte ci-dessus les lettres "GE" signifient en anglais "Great Eclipse" c’est là géographiquement que le maximum d’occultation de - de 7 minutes a eu lieu. On y observe la trajectoire sous la forme d’une bande orange que va parcourir l’ombre de l’éclipse annulaire du 7 mars -50.

Le parcours se fait d’ouest en est en passant par Rabat (11 h 42 pour une durée d’occultation de 6 min 43 s), puis Vienne (12 h 40 pour une durée d’occultation de 6 min 15 s), Moscou (13 h 2 pour une durée d’occultation de 5 min 40 s) et ainsi de suite.
Sur le lien de la Nasa, vous pouvez grâce à votre curseur choisir le lieu de votre choix et en cliquant sur ce lieu, s’affichera une fenêtre indiquant des informations et parmi elles le pourcentage d’obscurcissement de l’éclipse à cette date selon le lieu. Voici ci-dessous ce qui s’affiche si on clique sur la ville de Rabat qui est la plus proche de la position GPS indiquée par les deux lettres "GE" :

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Interactive Eclipse Path Using Google Maps, éclipse solaire annulaire du 7 mars -50, Rabat, Maroc, source Nasa.


L’obscurcissement (obscuration en anglais) du Soleil à Rabat fut de 88 %, ce qui nous indique que c’est là et uniquement là que l’occultation du Soleil fut à son maximum, soit à 88 % en pleine centralité. Tandis qu’à Dendéra cette éclipse annulaire elle était à peine partielle, à peine à 17 %.
Sur ses cartes lorsqu’une éclipse est partielle la Nasa indique Partial comme celle-ci si vous suivez ce lien, lorsqu’une éclipse est annulaire la Nasa indique Annular comme celle-ci si vous suivez ce lien, de fait Aubourg se trompe lorsqu’il indique dans son PDF, page 11 :

"D’autres éléments viennent confirmer cette datation : le matin du 7 mars 51 av. J.-C., à 11 h 10 précises, a eu lieu une éclipse de Soleil, presque totale, à Dendera, précisément à l’endroit où un cercle est représenté sous la constellation des Poissons.".

Voici ci-dessous un tableau montrant la différence entre les trois sortes d’éclipses qui peut se manifester, ce tableau montre la séquence du déplacement de la Lune sur le Soleil ; la position 3 étant le maximum atteint pour une date et un lieu donné :

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Pour résumer le tableau ci-dessus, lorsqu’une éclipse solaire est totale, il faut que la Lune soit à son périgée (proche de la Terre). Lorsqu’une éclipse solaire est annulaire, il faut que la Lune soit à son apogée (éloignée de la Terre). Lorsqu’une éclipse est partielle, la Lune ne couvre pas totalement la surface du Soleil. L’alignement pur est donc indispensable pour une éclipse totale selon que le diamètre apparent de la Lune et du Soleil est le même.

Le taux du pourcentage d’obscurcissement à Alexandrie pour la même date fut de 32 %, l’éclipse solaire fut non perceptible pour ce lieu géographique, car les 68 % du Soleil non occulté auraient ébloui la vision de l’observateur Alexandrin au point de l’aveugler :

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Interactive Eclipse Path Using Google Maps, éclipse solaire annulaire du 7 mars -50, Alexandrie, Égypte, source Nasa.


Le pourcentage d’obscurcissement à Dendéra fut à peine de 17 %, l’habitant de Dendéra, 83 % du Soleil non occulté lui gênait à ce point la vue, que lui aussi serait devenu aveugle, et ce plus rapidement que l’Alexandrin…Cet habitant de Dendéra n’a même pas senti une baisse de luminosité du soleil :

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Interactive Eclipse Path Using Google Maps, éclipse solaire annulaire du 7 mars -50, Dendéra, Égypte, source Nasa.


Eric Aubourg, en plus de la position erronée des planètes, a cru que l’éclipse solaire annulaire du 7 mars -50 fût observable à Dendéra mais cela n'a jamais été le cas.

Pour celles et ceux qui restent attentifs, elles et ils ont sans doute remarqué sur la carte de l’UAU (Union Astronomique Universelle) indiquant la ville de Rabat au Maroc que l’heure indiquée est : 11 h 42. En suivant ce lien, vous pouvez y lire dans la deuxième ligne que l’heure de cette éclipse est bien 11 h 42 min 52 s UT pour Rabat.

Voici ci-dessous la carte de l’UAU montrant dans le même cadre que la Lune n’a pas occulté le Soleil si on se trouvait à Dendéra selon les indications de Aubourg dans son PDF, page 11, la carte de l’UAU confirme donc la carte de la Nasa et réciproquement :

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Pour exemple, voici ci-dessous une carte de la Nasa montrant une éclipse solaire totale qui aura lieu en Égypte à Dendéra le 2 août 2027 (voici le lien de la Nasa pour cette carte). On constate très clairement qu’entre l’éclipse d’E. Aubourg et cette future éclipse de 2027, que pour celle du 7 mars -51, l’effet de l’atténuation est à peine perceptible pour une personne sur ce site, alors que pour celle du 2 août 2027, un merveilleux spectacle d’occultation sera un rendez-vous puisque la bande d’occultation passe sur le site. Rappelons que les coordonnées GPS de Dendéra sont : 26N 32E alors que l’éclipse annulaire du 7 mars a été observable à 35° N (nord) 7° O (ouest) qui sont les coordonnées GPS indiquant la côte Atlantique Marocaine :

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Eclipse solaire du 7 mars-51, Saros 65 et éclipse solaire du 2 août 2027, Saros 136, source Nasa.


Sur la carte de l’UAU ci-dessous, vous pouvez constater dans le cadre des éclipses en haut à droite que le Soleil est bien cette fois occulté par la Lune selon la ville de Dendéra le 2 août 2027, la carte de l’UAU confirme donc la carte de la Nasa et réciproquement :

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Si vous souhaitez vérifier par vous-même plusieurs éclipses différentes, voici un lien de la Nasa des éclipses solaires listées par la Nasa selon leur date respective de l’année -99 à -1.

Si vous n'avez pas totalement compris que l'Egypte n'a jamais pu observé l'éclipse solaire de Aubourg, vous pouvez lire cet article intitulé "TIENTIEN et le Temple des Etoiles ou La Fausse Eclipse de Dendera" accessible à tous de 7 à 77 ans.


Bon sens d'observation du Zodiaque de Dendera :


Voici ci-dessous une photographie du panneau explicatif exposé au Musée du Louvre, sur cette photo on constate au centre du Zodiaque de Dendéra que le personnage censé représenter la constellation du Dragon à la tête à l’envers alors qu’il devrait l’avoir à l’endroit lorsqu’on se fie à sa position du temps où cet artefact était encore solidaire du plafond de la "chapelle" dite d’Osiris :

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Panneau explicatif "Zodiaque de Dendéra", salle 365 Pavillon Sully, Musée du Louvre, Paris.


Sur la représentation du Zodiaque de Dendéra de Aubourg on constate que la constellation du Dragon (en latin Draco qui en abréviation s’écrit Dra) est positionnée horizontalement avec la tête tournée vers votre gauche. Le sens de présentation que nous impose le Musée du Louvre n’est donc pas le même sens que celui de la représentation dont s’est servi Aubourg visible ci-dessous :

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Cette différence de positions entre la représentation du Zodiaque de Dendéra de Aubourg et celle du Musée du Louvre peut paraître assez surprenante. Pourquoi cette différence de présentation ? Quel est le bon sens à donner à cet artefact pour une lecture convenable de son contenu ? Ce sens est déterminé selon l’empreinte d’extraction laissée dans le plafond de la chapelle, mais d’autres éléments peuvent répondre à cette question, notamment les positions des constellations sculptées sur le Zodiaque de Dendéra.

Si on se fie à la position d'Orion sculpté sur l’artefact et que selon l’ascension droite de cette constellation située entre 69,2° et 94,6° selon l’IAU (Union astronomique internationale). il suffit de reporter cette ascension droite sous forme de portion (en couleur magenta) sur l’artefact, pour déterminer le bon et unique sens d'observation de cet artefact. Si vous décomptez le nombre de degrés de la portion AD (ascension droite) d'Orion avant le trait indiquant 69,2 vous arriverez au degré 0°/360° (point vernal) ou si vous êtes Anglais vous arriverez à 24 h. Le point vernal sert de point de départ au calcul des ascensions droites de chaque constellation. Ce degré alpha ou vernal est actuellement situé au Mois de mars. Voici ci-dessous selon les cadrans circulaires indiquant des degrés, des Mois, des heures et des minutes autour du Zodiaque comment se positionne la portion de l'AD (ascension droite) d'Orion :

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Nous constatons ci-dessus que l’astérisme (en vert) de la constellation Orion coïncide avec le dessin d’Orion dans la version égyptienne sur l’artefact. Maintenant que nous connaissons la bonne position pour la lecture du Zodiaque de Dendéra, il nous faut modifier la représentation du Zodiaque de Dendéra de Aubourg en la repositionnant de 90° vers la droite. Nous avons inversé le fond blanc de sa représentation du Zodiaque de Dendéra vers un fond noir pour plus de lisibilité. Il nous faut aussi repositionner les mentions indiquées par lui et les mettre en couleurs.
Ces légères modifications sont nécessaires, car sans Aubourg à vos côtés pour expliquer sa théorie, il peut être difficile pour un néophyte de s’y retrouver. Voici ci-dessous pour commencer la position des constellations de l’écliptique (de la Ceinture zodiacale) en couleurs :

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Nous avons pu nous servir jusqu’à présent de la constellation Orion qui nous permet de positionner correctement le Zodiaque de Dendéra. Il faut savoir qu’une ascension droite se détermine selon la position de l’axe de l’équinoxe au 20 mars (ou le 21 mars selon les années). Voici ci-dessous la position de cet axe le 20 mars 2020, c’est-à-dire à l’équinoxe du Printemps :

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L’axe équinoxial représenté en rouge est mobile, sa mobilité résulte de la précession des équinoxes. Il correspond à l’axe d’intersection entre le plan de l’écliptique (incluant l’orbite de la Terre autour du Soleil). Il remonte le cercle astronomique dans le sens contraire des aiguilles. Voici ci-dessous la position de cet axe équinoxial au Mois de mars -50 (51 pour le calendrier civil) à la date de l’équinoxe du Printemps qui avait lieu le 23 mars :

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Vous avez constaté ci-dessus que le cadran des degrés et le cadran des heures (ces heures ne sont pas à confondre avec les heures d’une horloge, ce sont des heures astrométriques) ont bougé pour venir se placer avec la position de l’axe équinoxial, mais le Zodiaque de Dendéra lui n’a pas bougé selon l’astérisme (en vert) de la constellation Orion. Évidemment à l’époque -50/51, l’AD de la constellation Orion n’est plus située entre 69,2° et 94,6° puisque l’axe vernal a bougé de sa position en 2020. L’axe équinoxial mobile se déplace dans le sens contraire des aiguilles à raison d’un degré par siècle depuis toujours.


Éclipse ou Constellation :

Si d’après Aubourg le cercle contenant une femme retenant un animal représente une éclipse, nous observons que ce cercle est situé très près de la constellation des Pisces (les Poissons) répertoriée comme constellation du Nord selon l’UIA et dont l’AD (ascension droite) est entre 341,25° et 30° comme l’indique la portion couleur magenta.
Voici ci-dessous l’astérisme de la constellation Pisces positionné par un logiciel d’astronomie à la date du 20 mars 2020 à l’équinoxe du Printemps conformément aux coordonnées astrométriques officielles :

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On constate ci-dessus que l’astérisme moderne de la constellation des Poissons est positionné plus bas que les deux Poissons sculptés sur le Zodiaque de Dendéra. Pour que l’astérisme de la constellation Pisces se rapproche, nous devons tenir compte de la trouvaille de l’égyptologue François Daumas.

Rappelons que A.J Saint-Martin indique dans son livre une datation pour cet artefact proche de -2400 et rappelons que le Pharaon Pépi 1er a régné vers -2260. Voici ci-dessous la carte montrant la position de l’astérisme de la constellation des Poissons à l’époque de ce pharaon à la date de l’équinoxe du Printemps qui avait lieu à cette époque le 9 avril :

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On constate ci-dessus que l’astérisme moderne de la constellation des Poissons coïncide sur les poissons figuratifs sculptés sur le Zodiaque de Dendéra quand on indique au logiciel la date de l’équinoxe du Printemps en -2260. Cette année confirme la datation de l’étude de A.J Saint-Martin et la trouvaille de François Daumas ; tous deux évoquent l’époque du Pharaon Pépi 1er qui régna de -2289 à -2255.

Vous avez remarqué peut-être que l’astérisme de la constellation Orion n’a presque pas bougé de sa position et ce peu importe l’année. En effet, en -2260 l’astérisme d’Orion faire corps avec l’Orion sculpté, et en 2020, il est légèrement décalé vers le bras tendu tenant le sceptre que les égyptologues nomment "ouas". Nous allons étudier plus en détail la constellation Pisces dont Aubourg a cru que le cercle touchant cette constellation symbolise d’après lui une éclipse solaire totale.


La Constellation Pisces et ses étoiles :


Sur le Zodiaque de Denderah, on peut voir un cercle contenant deux personnages représentant une femme et un sanglier, mais ce cercle a été interprété par Eric Aubourg, astrophysicien comme étant l'illustration d'une éclipse solaire. Sylvie Cauville, égyptologue argumente la théorie de Aubourg en indiquant : "La déesse Isis retenant un babouin par la queue, c'est-à-dire empêchant la lune, sous la forme du dieu Thot, de cacher le soleil". Voici les personnages qu'elle nous indique :


Zoom du médaillon visible sur le Zodiaque de Dendera.


Mais un autre égyptologue Youri Volokhine qui a écrit un livre intitulé "Le porc dans l'Egypte ancienne" indique un un porc ou un sanglier à la place d'un babouin que la déesse retiendrait par une des pattes arrière et non pas par la queue. Pour illustrer son propos, Volokhine se sert d'un autre médaillon sculpté montrant son animal que l'on peut observer sur le plafond du rez-de-chaussée, pour argumenter son choix. Voici ce médaillon dont Volokhine s'est servi pour illustrer la couverture de son livre :


Zoom du médaillon visible sur le plafond du rez-de-chaussée du temple de Dendera.


Qui de ces deux égyptologues a raison ? Est-ce un babouin ou un sanglier ? Nous avons besoin d'un troisième personne afin de trancher cette question et pour se faire nous allons la poser à un duo d'ingénieurs Messieurs Jollois et Devilliers dont le célèbre poster connu mondialement dont s'est servi le musée du Louvre comme base pour illustrer le panneau explicatif du Zodiaque de Dendera visible dans la salle 12 Bis du Pavillon Sully. Voici le médaillon de cet artefact égyptien redessiné par ces messieurs pour la « Description de l’Égypte ou Recueil des observations et des recherches qui ont été faites en Égypte pendant l’expédition de l’armée française » Volume IV, Imprimerie Impériale, publié en 1817 à Paris :


Zoom du médaillon visible sur le poster du Zodiaque de Dendera réalisé par les ingénieurs Jollois et Devilliers, 1817.


Cet agrandissement provenant du poster montre bien ce qui se rapproche d’un sanglier et non pas d’un babouin. Voici en couleurs la partie où se trouvent les Poissons. À côté de deux poissons, il y a donc ce médaillon ou cercle avec à l’intérieur une femme tenant par la patte arrière notre animal :

 




Après cette vérification égyptologique et graphique, ce site vous invite à lire cet article détaillé que vous télécharger gratuitement sous la forme d'un PDF, qui vous révèle que ce cercle n'est pas la représentation d'une éclipse solaire mais plutôt une constellation oubliée par les astronomes.

Après la vérification de l'éclipse solaire de Aubourg, nous constatons que cet astrophysicien cumule les erreurs. Voyons maintenant ce qu'on peut dire à propos de l'éclipse lunaire qu'il pense avoir identifié.


Éclipse lunaire selon Aubourg :

Aubourg indique dans la dernière page de son PDF :

"Enfin, de l’autre côté des Poissons, vers le Bélier, se trouve un second disque, contenant un œil oudjat. Précisément à cet endroit a eu lieu une éclipse totale de Lune, le 25 septembre 52 av. J.-C., à 22 h 56."

Ce qui est très particulier de la part d'Aubourg, c’est que le Soleil ne peut pas se trouver en même temps positionné au Mois de mars pour une éclipse solaire et en même temps au Mois de septembre pour une éclipse lunaire sur le même artefact. De plus, ce qui cloche c’est qu’il n’y a pas eu d’éclipse lunaire le 25 septembre -52 (-51 du calendrier astronomique) puisqu'elle a eu lieu le 26 septembre -51 à 2 h 28. Eric Aubourg se trompe de jour et d’heure. Voici ci-dessous la liste des éclipses lunaires répertoriées par la Nasa afin de constater que cette éclipse lunaire a bien eu lieu le 26 septembre et non pas le 25 :

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List of Five Millennium Catalog of Lunar Eclipses, source Nasa.


Voici ci-dessous un schéma montrant le phénomène d’éclipse lunaire. Ce phénomène se manifeste lorsque la Lune à une époque de l’année vient selon sa révolution autour de la Terre se placer dans l’ombre projetée par la Terre illuminée par le Soleil :

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Si nous nous servons de ce schéma et que nous le plaçons sur le Zodiaque de Dendera, le Soleil devrait être positionné à l’opposé de l'oeil censé représenté la Lune selon Eric Aubourg :

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Mais il n'y a pas de cercle ou de rond censé représenter le soleil à l'opposé de cet oeil comme vous pouvez facilement le constater sur le bloc du Zodiaque en introduction de cet article. Attention, la Terre représentée dans le schéma n’est pas présente dans le Zodiaque de Dendéra, il s’agit juste de montrer que pour qu’une éclipse lunaire soit observable, il faut nécessairement un Soleil, une Terre et une Lune. D'autant qu'on ne peut pas placer le soleil et la lune où on le souhaite, en effet, ces deux astres doivent obligatoirement être positionés sur le "cercle" de l'écliptique". Si Aubourg pense que l'oeil est la Lune, cet oeil n'est pas positionné sur l'écliptique comme on peut le voir ci-dessus.Il vaut mieux se fier à la Nasa avec la carte ci-dessous :

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Éclipse Lunaire du 26 septembre -51, Saros 65, catalogue des éclipses lunaires, source Nasa.


Le point noir indique le moment où il y a eu l’alignement dans un plan du centre de la Terre de la lune et du soleil, c’est-à-dire l’équivalent du maximum d’une éclipse solaire. Le trait vertical désigne l’endroit où l’on a vu l’éclipse lunaire du début à la fin de son obscuration. Le point noir marque donc la traversée de l’axe du centre du Soleil avec le centre de la Lune, mais plus ce point noir s’éloigne de l’équateur, davantage l’éclipse lunaire sera moins caractéristique, moins extraordinaire, moins longue. Mais ce point noir ainsi que le trait vertical changent de position selon la date et le lieu comme vous pouvez le constater sur cette autre carte avec une date différente :

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Éclipse Lunaire du 17 décembre -64, Saros 82, catalogue des éclipses lunaires, source Nasa.


Les coordonnées géographiques de l’éclipse lunaire sur la carte ci-dessus du 17 décembre -64 sont : 25N 20E. Ces coordonnées GPS sont proches des coordonnées géographiques de Dendéra qui sont : 26N 32E c’est pourquoi le point noir et le trait vertical sont positionnés proches de l’Égypte sur cette carte. Mais l’éclipse lunaire du 26 septembre -51 d’après la Nasa a été observable sur presque toute la planète, en effet seules les parties sombres de chaque côté de la carte n'ont pas pu observé cette éclipse lunaire. Il n'y a pas de raison particulière qui aurait nécessité de la sculpter sur le Zodiaque de Dendera.

Il n’y a pas non plus d’éclipse lunaire représentée sur l’artefact égyptien, comment dès lors Aubourg peut-il prétendre avoir daté avec précision le Zodiaque de Dendéra ?

Mais que représente alors cet oeil "Oudjat" ? Pour le découvrir vous pouvez lire cet Simbad détaillé si vous êtes vraiment curieux.

Nous en avons terminé avec les éclipses de Aubourg, en effet, le Sculpteur égyptien n’a pas sculpté d’éclipses sur le Zodiaque de Dendéra. Nous allons maintenant analyser les autres mentions que Aubourg a indiquées sur sa représentation du Zodiaque de Dendéra, les mentions désignant les constellations.


Les Ascensions droites du Zodiaque de Dendéra :

L’époche (et non pas époque) fixe la date de prise en compte de l’axe équinoxial et fige le ciel pour fournir les coordonnées des étoiles à ce moment-là. Depuis l’an 2000, on se fie à l’époche J2000. Nous l’avons vu c’est la position de l’axe équinoxial qui détermine les ascensions droites de toutes les étoiles, mais aussi des constellations. Il est donc assez curieux que Aubourg n’a pas tenu compte de cet axe équinoxial lorsqu’il a tenté d’identifier quelques constellations. Cet astrophysicien en a dénombré 16 hors écliptique et sur ce nombre 13 sont juste, voici ci-dessous la représentation du zodiaque de Dendéra de Aubourg avec les constellations en vert identifiées par lui :

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Nous allons nous servir des coordonnées astrométriques officielles des ascensions droites des constellations selon la projection stéréographique conique du Zodiaque de Dendéra. Pour déduire la position d’une constellation et/ou d’une étoile, la plateforme Simbad ainsi que toutes les plateformes sérieuses d’astronomie, se servent de la position actuelle de l’axe équinoxial mobile, nous pouvons supprimer les axes cardinaux.

Nous ne pouvons évidemment pas nous baser sur les années -50 pour tracer les portions d’ascensions droites puisqu’à cette époque l’étoile Polaris de la constellation Ursa Minor n’était pas centrée sur le pôle Nord céleste et elle ne l’est toujours pas parfaitement puisqu’elle le sera seulement en 2100 selon le changement séculaire des étoiles polaires. C’est pourquoi nous allons nous baser sur la date de l’éclipse solaire totale qui aura lieu le 2 août 2027 et qui elle sera bien observable à Dendéra.

Voici ci-dessous la constellation Aquila (l’Aigle) dont l’ascension droite (représentée par la portion en couleur magenta) est située entre 278,75° et 308,00° et son étoile lamAql dont l’ascension droite (représentée par le trait jaune) est : 19 h 6 min 14 s, 95 s :

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Voici ci-dessous la constellation Cassiopeia dont l’ascension droite (représentée par la portion en couleur magenta) est située entre 343,0° et 51,25° et son étoile betCrt dont l’ascension droite (représentée par le trait jaune) est : 1 h 54 min 23 s, 72 s :

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Voici ci-dessous la constellation Lupus (qui n’est pas un loup, mais un chien du genre molosse comme le cane corso, mais peu importe ce sont tous les deux des canidés) dont l’ascension droite (représentée par la portion en couleur magenta) est située entre 212,5° et 240° et son étoile phiLup dont l’ascension droite (représentée par le trait jaune) est : 15 h 21 min 48 s :

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Voici ci-dessous la constellation Equuleus (Petit Cheval) dont l’ascension droite (représentée par la portion en couleur magenta) est située entre 312,5° et 320,0° et son étoile phiLup dont l’ascension droite (représentée par le trait jaune) est : 21 h 10 min 20 s :

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Voici ci-dessous la constellation Corona Australis (Couronne australe) dont l’ascension droite (représentée par la portion en couleur magenta) est située entre 287,5° et 267,5° et son étoile tetCrA dont l’ascension droite (représentée par le trait jaune) est : 18 h 33 min 30 s .18 626 s :

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Voici ci-dessous la constellation Ophiuchus (Serpentaire) dont l’ascension droite (représentée par la portion en couleur magenta) est située entre 238,75° et 279,93° et son étoile Rasalhague dont l’ascension droite (représentée par le trait jaune) est : 17 h 34 min 56 s, 00 s :

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Voici ci-dessous la constellation Lyra (Lyre) dont l’ascension droite (représentée par la portion en couleur magenta) est située entre 272,625° et 291° et son étoile Vega dont l’ascension droite (représentée par le trait jaune) est : 18 h 36 min 56 s :

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En plus de l’ascension droite de la constellation Orion que nous avons déjà vérifiée, nous pouvons rajouter ces autres constellations que nous venons de repérer pour confirmer à nouveau que le Zodiaque de Dendéra ne peut être positionné et étudié que dans un seul sens de présentation, le sens qu’utilise la plateforme de l’UAU. Les constellations égyptiennes correspondent bien à la position des actuelles ascensions droites.


Position réelle de l’étoile Sirius :

Parmi les 16 constellations identifiées par Aubourg (reprises par le Musée du Louvre), il y en a 3 qui ne sont pas correctes notamment la fameuse constellation Canis Major (abréviation CMa) et sa célèbre étoile Sirius. Eric Aubourg a supposé que la constellation Canis Major est représentée par la vache couchée sur une barque (barque qui elle représente la constellation Argo Navis avant qu’elle ne soit divisée en 3 parties par Nicolas Louis Lacaille (1713-1762, Astronome français). Voici ci-dessous la position de la constellation Canis Major et son étoile Sirius à la date du 2 août 2027 :

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On constate ci-dessus que l’ascension droite de la constellation Canis Major et l’ascension droite de l’étoile Sirius ne désignent pas du tout la vache couchée sur une barque. Nous allons voir où l’étoile Sirius se trouvait sur une carte du 7 mars -51 que voici ci-dessous :

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On constate ci-dessus qu’à la date du 7 mars -51, l’étoile Sirius n’indique toujours pas la région de la Vache couchée sur une barque. Mais nous constatons que l’étoile Sirius à cause de son mouvement propre est un peu descendue de sa position en 2020. Vous constatez aussi que l’étoile Polaris de la constellation Ursa Minor n’est plus aussi proche du Pôle céleste qu’elle l’était en 2027. Nous allons voir si en l’an -2260, l’étoile Sirius atteindra cette vache couchée :

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On constate ci-dessus que même en -2260, cette vache couchée sur une barque n’est toujours pas concernée par l’étoile Sirius. Vérifions avec un autre logiciel par exemple SkySafari que l’étoile Sirius était bien positionnée à 3 h 37 (du cadran circulaire des Heures/Minutes) en -2260, voici la capture d’écran :

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Pas d’erreur, c’est la même position même si la présentation des deux logiciels diffère. Nous avons observé depuis l’année 2027 que l’étoile Sirius descend de sa position lorsqu’on remonte le temps jusqu’en -2260 et sans doute qu’elle continuerait à descendre encore au-delà de -2260. Mais il vaut mieux concevoir simplement que cette vache n’incarne pas la constellation Canis Major. Ce qui semble désigner être la constellation Canis Major c’est cette sorte de bouquet de papyrus sur laquelle est posé un oiseau de l’espèce des faucons portant la couronne de la Haute et Basse-Égypte. Voici ci-dessous la compilation des 3 périodes afin de constater le déplacement du mouvement propre de l’étoile Sirius :

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Vous avez remarqué que l’étoile Polaire en -2260 n’est plus Polaris alias alfUMi de la constellation Ursa Minor, mais est l’étoile Thuban que l’on attribue à la constellation Draco (Dragon), ce qui est astronomiquement correct. Rappelons que les constellations vues de la Terre se lèvent à l’Est et se couchent à l’Ouest.


Sirius est Sopdet ou Sopdou ?

L’Égyptologie a-t-elle tort de désigner l’étoile Sirius par la déesse Sopdet que l’on représente tantôt sous la forme d’une vache et tantôt sous la forme d’une femme avec une étoile sur la tête ? Il semble que oui. Il semble qu’il serait plus judicieux d’attribuer l’étoile Sirius à Sopdou le dieu faucon de l’Est qui est positionné sur le bouquet de papyrus qui est bien placé à l’Est selon la Rose des Vents sur les cartes de l’UAU.

Sopdou contrôle l’accès nord-est du territoire égyptien, la porte d’entrée de l’Égypte. Il protège les routes et veille aux circulations entre l’Asie et l’Afrique. Il accompagne et garde le Soleil renaissant (qui se lève à l’Est).

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Stèle Ahmosis, XXVIe dynastie, Dieu Faucon Sopdou, Musée du Louvre, Paris.


Ci-dessus sur la stèle en bois datée du règne d’Amhmosis (-570 à -525) exposée au Musée du Louvre, on remarque que Sopdou est aussi représenté comme un être hybride mi-homme mi-faucon et que ses attributs (plumes de papyrus) sont similaires à ceux de la déesse Sopdet. Cet oiseau est donc posé sur le bouquet de Papyrus qui nous indique la position réelle de l’étoile qu’on nommera bien plus tard Sirius lorsqu’on confondra à cause d’une mauvaise traduction une canicule d’été avec un canidé. Les archéologues ont retrouvé beaucoup d’artefacts que les égyptologues nomment amulette-ouadj représentant ce bouquet de papyrus, en voici un exemplaire exposé au Musée du Louvre :

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Amulette Ouadj, Apis — nouvel Empire (-1550/-1069), Musée du Louvre, Paris.


Le comble c’est que Aubourg ose critiquer Jean-Baptiste Biot en écrivant page 2 du PDF : "Quelques tentatives de datations astronomiques ont eu lieu dès la découverte du zodiaque, qui sont toutes erronées (voir par exemple celle de J.B. Biot qui s’était trompé dans l’identification de Sirius)." En parlant de J-B Biot, nous lui devons un remarquable plan du Temple de Dendéra.


Axe du Temple de Dendéra :

Avant d’aborder ce chapitre consacré à l’axe du Temple de Dendéra, rappelons ce que dit Aubourg à ce propos, page 1 de son PDF :

"Le temple d’Hathor à Dendéra a été fondé le 16 juillet 54 av. J.-C., jour du lever héliaque annuel de Sirius. Comme pour tous les sanctuaires du complexe tentyrite, son axe fut aligné sur l’azimut du lever de Sirius. Or, sous l’effet du phénomène de la précession des équinoxes, l’azimut de ce lever s’était déplacé de quelque trois degrés depuis la fondation sur le site de monuments plus anciens, qui n’étaient donc plus dans l’alignement de Sirius à ce moment, alors qu’ils l’étaient à l’époque de Ramsès II. La fondation de ce nouveau temple était un événement suffisamment important pour qu’on ait décidé de l’aligner sur le lever réel de l’étoile, et non sur les axes des autres bâtiments — douze siècles s’étaient écoulés depuis la précédente fondation. Ce nouvel axe sera aussi utilisé pour les autres constructions du site, comme en témoigne le petit mammisi d’Isis, avec sa structure brisée."

Rappelons qu’en astronomie, le lever héliaque d’une étoile est le moment où cette étoile devient visible à l’est, au-dessus de l’horizon terrestre à l’aube, après une période où elle était cachée sous l’horizon, ou bien était située juste au-dessus de l’horizon, mais noyée par la luminosité du Soleil.

Eric Aubourg se serait donc servi du lever héliaque de l’étoile Sirius le 16 juillet -54 en se fiant à l'orientation du Temple dont un plan fût dessiné en 1848, voici ci-dessous ce plan :

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Plan du Temple de Dendéra dessiné par Jean-Baptiste Biot, "Mémoire sur le zodiaque circulaire de Dendérah", 1846.


Ce plan comporte une erreur, en effet, l'axe du temple de Dendéra n'est pas décalé de 18° mais de 18°30, mais Aubourg n'a pas tenu compte de l'erreur puisqu'il ne s'est pas rendu sur place en Egypte, afin de vérifier les données dont il disposait sur support papier. Aubourg qui aime s'amuser à tourner le Zodiaque de Denderah dans tous les sens pourvu que ces sens lui donnent raison, s'est dit qu’en tournant l’artefact, il pouvait placer ce qu'il considère comme étant l'étoile Sirius sur l’axe de 18°. Plaçons en transparence la représentation du Zodiaque de Dendéra de Aubourg sur une carte montrant les axes cardinaux et l'axe décalé de 18° indiquant la direction nord/est :

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Le problème est que cet axe décalé est de 18°30, ce qui ne se voir pas sur une carte affichant un cercle de 360 degrés mais qui se voit bien lorsqu'on se sert de Google Map et des données de l'IMCCE ( Institut de mécanique céleste et de calcul des éphémérides ) comme la fait, Jacques-Bernard L. qui nous invite à lire son Avant-Propos détaillé.

Aubourg s’est fié à l’égyptologie, c'est ainsi qu'il a apparenté l’étoile Sirius à l'étoile que l’on peut voir entre les cornes d’une vache couchée observable sur l’artefact. Les égyptologues ont nommé cette vache du nom de Sothis en grec ou Sopdet en égyptien. Mais Aubourg aurait dû se fier plutôt au faucon posé sur la grosse tige de papyrus. Nous l’avons vu ce faucon est nommé Sopdou par les égyptologues.

Le nom de l’étoile entre les cornes de la vache couchée est une des 5 (5 comme les cinq branches d’une étoile égyptienne) étoiles qui forment la tête de la constellation Hydra dont l’étoile sigHya, voici l’astérisme de cette constellation, dont la tête du serpent, Hydre se logeant entre les cornes de la vache couchée.

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Comme vous pouvez l’observer ci-dessus, l’étoile sigHya faisant partie des 5 étoiles de la tête de l’Hydre femelle est donc cette étoile figurée et sculptée sur le Zodiaque de Dendéra que Aubourg a confondu avec l’étoile Sirius qui elle ne se trouve pas dans l’environnement immédiat de la vache couchée. Ainsi même si on fait tourner le Zodiaque de Dendéra dans tous les autres sens, les étoiles sigHya et Sirius seront toujours positionnées loin l’une de l’autre selon leur ascension droite respective et également en ce qui concerne leur lever héliaque respectif. Rappelons que les constellations vues de la Terre se lèvent à l’Est et se couchent à l’Ouest.

Pour en terminer avec ce chapitre, sachez qu’en ce qui concerne la légende qui raconte que les Anciens Égyptiens se servaient de l’étoile Sirius pour bâtir un monument, voici ce que Biot nous en rapporte page 27 de l’Avant-Propos de son livre :

"J’ai particulièrement recherché avec soin l’origine de cette fameuse période de 1460 années de 365 jours, appelée période Sothiaque, parce que son commencement était réglé sur le lever héliaque de Syrius que l’on nommait en égyptien Sothis. J’ai trouvé, contre l’opinion commune, j’ai trouvé non sans surprise, que, de tous les écrivains antérieurs à l’ère chrétienne, dont les ouvrages se sont transmis directement jusqu’à nous en original, il n’en est aucun qui ait fait mention de cette période comme étant liée aux levers héliaques de Syrius même parmi ceux qui se sont le plus occupés spécialement d’antiquités astronomiques ou chronologiques."

Saisons égyptiennes :

Voici ci-dessous le Zodiaque de Dendéra divisé en 3 saisons dont un des trois sommets du triangle équilatéral indique le bouquet de tiges de Papyrus, annonçant la crue du Nil dans le Mois Thout (juillet), nous avons vu qu’elle indiquait la position de l’étoile Sirius aux environs du règne du Pharaon Pépi 1er :

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Voici ci-dessous le Zodiaque de Dendéra divisé en 12 Mois de 30 degrés chacun. Vous pouvez observer à nouveau que la portion incluant le bouquet de papyrus indiquantle Mois Thout qui est le premier Mois de l’Année égyptienne. Rappelons que contrairement aux Mois latins, les Mois égyptiens commencent au milieu des nôtres, soit vers le 15.

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Décans ou hémisphères :

Le Musée du Louvre interprète les personnages en périphérie du Disque en grès comme étant des Décans, voici ce que le Musée indiquait avant la nouvelle mouture de son website en 2021 pour la page dédiée au Zodiaque de Dendéra :

"Sur la première circonférence, 36 génies symbolisent les 360 jours de l’année égyptienne"

Vous pouvez retrouver cette phrase soit directement sur le panneau explicatif soit sur d’innombrables blogs. Cet artefact égyptien est astronomique, il n’y a qu’en astrologie que l’on parle de "décans".
Voici ci-dessous le Zodiaque de Dendéra découpé en 36 portions égales. On constate directement que les personnages en périphérie ne sont pas positionnés à l’intérieur de chacune des portions, certains personnages sont même coupés en deux par les 36 traits et d’autres personnages sont même coupés en 3 :



Ces personnages en périphérie représentent en réalité les constellations du Sud qui à cause de la projection stéréographique conique utilisée sur cet artefact viennent astronomiquement se placer en périphérie. Visualisons d’abord la limite de l’horizon selon le lieu d’observation. Pour une projection et un site au Nord, l’horizon délimite les étoiles qui ne seront jamais visibles d’un hémisphère à l’autre. L’espace entre cet horizon et le bord extérieur de la carte représente l’hémisphère Sud. Par exemple, un observateur parisien ne verra pas les constellations du Sud à cause de l’horizon :



Voici ci-dessous une carte montrant la position des constellations du nord avec une projection stéréographique conique selon l’hémisphère Nord. On constate que les constellations du Sud sont toutes situées entre la limite de l’horizon et le bord du Disque. Lorsqu’une projection stéréographique stéréographique conique est choisie, il ne peut y avoir qu’une seule étoile polaire à la fois selon l’hémisphère choisi. Au centre ci-dessous, on peut observer l’étoile Polaris, c’est-à-dire AlfUmi de la constellation Ursa Minor (Petite Ourse) :



Vous avez sans doute remarqué que les astérismes des constellations du Sud positionnées au-delà de l’horizon apparaissent en distorsion à cause de la projection stéréographique conique. Mais lorsqu’on change d’hémisphère, les constellations du sud en bordure du Disque vont venir se positionner au centre tandis que les constellations du Nord vont se placer au-delà de l’horizon. Dans l’hémisphère Sud, l’étoile Polaire est sigOct de la constellation Octans. Certes, à cause de sa faible magnitude 7, on préfère opter pour la constellation Crux (Croix du Sud) avec une magnitude plus grande, mais Crux n’est pas aussi centrée que l’est Octans :



Le logiciel Stellarium que vous connaissez presque tous affiche aussi les constellations du Sud en distorsion et en périphérie lorsqu’on choisit une observation du ciel étoilé à partir de l’hémisphère Nord. Mais cette distorsion n’est pas naturelle, c’est-à-dire que dans l’hémisphère Sud, les gens vivant sous l’équateur observent les constellations du sud sans distorsion. Cette distorsion due à la projection stéréographique stéréographique conique a été corrigée par le sculpteur du Zodiaque de Dendéra.

Après cette démonstration, comment être certain que les personnages en périphérie du Zodiaque de Dendéra sont bien des constellations ? C’est encore une fois l’Astronome allemand Johann Bayer qui va nous aider à le démontrer. Cet astronome a rajouté 12 constellations du sud dans son catalogue "Uranometria" et la particularité de son rajout est qu’il n’a pas répertorié des constellations censées représentées des appareils modernes comme un microscope, une machine pneumatique, un fourneau… Il s’est contenté de répertorier des êtres vivants comme des oiseaux, des reptiles, des êtres humains comme on peut le voir ci-dessous sur la page consacrée aux 12 constellations du Sud :


Page avec les 12 constellations du Sud rajoutées par Johann Bayer dans l’Uranometria, 1603.


Voici la liste des noms accompagnés par leurs noms latins des constellations du Sud :

– Oiseau de Paradis – Apus
– Caméléon – Chamaeleon
– Dorade – Dorada
– Grue – Grus
– Hydre mâle – Hydrus
– Indien – Indus
– Mouche – Musca
– Paon – Pavo
– Phénix – Phoenix
- Triangle austral - Triangulum Australe
– Toucan – Tucana
– Poisson volant – Volans

Grâce aux 12 constellations du Sud de Bayer, nous allons donc pouvoir vérifier si une ou plusieurs de ses constellations du Sud se trouve parmi les personnages sculptés en périphérie du Zodiaque de Dendéra. Voici ci-dessous les constellations du Sud de Bayer positionnées au centre du disque selon l’hémisphère Sud :



Comme nous l’avons vu, si nous changeons d’hémisphère, les constellations du Sud changent de place pour se placer en périphérie du disque, au-delà du cercle d’horizon comme nous pouvons le voir ci-dessous :



Parmi les constellations du Sud de Bayer, il y a des oiseaux, dont les constellations : Apus, Grus et Phoenix, si nous retrouvons l’un de ces oiseaux parmi les dessins égyptiens sculptés en périphérie du disque, cela démontrera que le Zodiaque de Dendéra utilise bien une projection stéréographique conique et que donc les personnages en périphérie ne sont pas des décans astrologiques, mais bien des constellations du Sud. Voici ci-dessous les dessins figuratifs en bleu fidèle aux personnages sculptés sur le zodiaque de Dendérah superposé par les astérismes des constellations du Sud :



Entre 5° et 20° en haut du Zodiaque de Dendéra, là où se trouve l’astérisme de la constellation Phoenix mentionné par alfPhe une de ses étoiles, il y a bien un oiseau (multiplié par 6) sur le Zodiaque de Dendéra au même endroit. Voici ci-dessous un agrandissement de cette partie du ciel étoilé et du Zodiaque de Dendéra afin que vous puissiez bien distinguer ces oiseaux qui n’appartiennent évidemment pas à la légende du phénix, mais dont le nombre est assez extraordinaire pour bien insister sur la présence dans l’hémisphère Sud, d’un oiseau extraordinaire :



Est-ce la seule constellation du Sud que l’on peut observer sur le Zodiaque de Dendéra, il semble que non puisqu’il y a d’autres oiseaux sur cet artefact. En bas, entre 210° et 225°, là où la projection stéréographique conique a placé l’astérisme de la constellation Apus mentionné par alfAps une des étoiles de cette constellation, il y a un deuxième oiseau. Selon le mouvement propre de certaines étoiles de certaines constellations, il n’est pas systématique que l’astérisme moderne d’une constellation du Sud soit parfaitement superposé sur le dessin égyptien d’autant que selon la distorsion l’astérisme moderne peut être très allongé comme c’est le cas ici avec la constellation Apus. Mais ce qui compte c’est l’ascension droite comme nous le verrons plus loin en conclusion de ce chapitre. Voici ci-dessous un agrandissement compilant plusieurs versions de cette partie du ciel étoilé et du Zodiaque de Dendéra afin que vous puissiez bien distinguer ce deuxième oiseau :



Entre 330° et 350°, nous observons sur le Zodiaque de Dendérah d’autres oiseaux que Bayer a nommé Tucana et Grus, leur astérisme respectif est mentionné par alfTuc une des étoiles de la constellation Tucana et mentionné par betGru une des étoiles de la constellation Grus. Il ne s’agit pas de retrouver forcément un Toucan et une Grue, mais bien deux oiseaux comme celui posé sur l’ovale contenant des personnages agenouillés et celui qui ressemble à une grosse oie. Là aussi selon le mouvement propre de certaines étoiles de certaines constellations, il n’est pas systématique que l’astérisme moderne d’une constellation du Sud soit parfaitement superposé sur le dessin égyptien d’autant que selon la distorsion l’astérisme moderne peut être très allongé comme c’est le cas ici avec les constellations Tucana et Grus. Voici ci-dessous un agrandissement compilant plusieurs versions de cette partie du ciel étoilé et du Zodiaque de Dendéra afin que vous puissiez bien distinguer ces deux oiseaux :



Il y a encore un autre oiseau celui de la constellation Pavo, mais le nombre d’oiseaux est déjà suffisant d’autant que la constellation Pavo sur le Zodiaque de Dendérah est représentée par un être mi-homme mi-faucon. Mais ce personnage risque de vous induire en erreur, en effet on a l’habitude de le nommer Horus et Ré, ce qui serait une erreur, car, des êtres mi-hommes mi faucons il y en a plus d’une douzaine dans l’ensemble du Zodiaque de Dendérah peu importe l’hémisphère. Il n’est pas étonnant avec un tel nombre de ces êtres hybrides que l’Égypte Ancienne a en fait son emblème national.

Ceci dit, n’allons pas croire que le sculpteur du disque était passionné seulement par l’ornithologie, en effet parmi les autres constellations du Sud de Johann Bayer, il y a aussi Hydrus. On nomme cette constellation sous le nom Hydrus Mâle pour la distinguer de la constellation Hydra. Hydra est un très long serpent par contre l’IAU a accordé à l’astérisme d’Hydrus une forme de petit triangle qui à cause de la projection stéréographique conique subit une distorsion qui l’aplatit en le rallongeant. L’astérisme d’Hydrus est mentionné par une de ses étoiles nommées betHyi. Voici ci-dessous un agrandissement compilant plusieurs versions de cette partie du ciel étoilé et du Zodiaque de Dendéra afin que vous puissiez bien distinguer ce serpent Hydrus :



La constellation Hydrus est représentée par les 4 serpents cobras à tête humaine posés sur une sorte de rectangle que vous pouvez voir entre 40° et 50° en haut à droite du Zodiaque de Dendérah. Avec cette cinquième constellation du Sud il ne fait nul doute que les personnages en périphérie sont donc bien des constellations du Sud et non pas des décans astrologiques. En ce qui concerne l’ascension droite que nous avions évoquée au début de ce chapitre pour la constellation Apus. L’ascension droite d’Apus déterminée par l’IAU pour la constellation Apus est située entre 205° et 270° ou pour les anglophones entre 13 h 51 min 7 s et 18 h 27 min 27 s. Voici ci-dessous la carte montrant l’astérisme de la constellation Apus positionné en même temps dans l’hémisphère Sud et dans l’hémisphère Nord :



Il vous suffit de connaître les ascensions droites de chacune des 12 constellations du Sud de Johann Bayer pour vérifier que la distorsion de ces constellations ne change rien. En effet, la portion magenta inclut bien Apus dans sa version égyptienne. Il vous suffit de tracer par l’esprit une portion tenant compte de l’ascension droite de ces 12 constellations afin que les traits de cette portion partant du centre du zodiaque de Dendérah vers les cadrans circulaires des degrés et des heures, pour vous convaincre que le sculpteur égyptien ait bien respecté les données astrométriques des constellations selon les ascensions droites. Nous terminons cette contre-analyse en abordant cette fois les déclinaisons.


Les Déclinaisons du Zodiaque de Dendéra :

Bien sûr le cercle de l’Horizon change de taille en fonction de la latitude, nous avons choisi Paris pour exemple, mais il est évident que c’est à partir de Dendérah que ce cercle d’horizon devait ou devrait être positionné. À moins que cela soit à partir de la Grande Pyramide qui rappelons-le est alignée sur les directions cardinales. Ceci dit, voici ci-dessous la carte montrant pourquoi le sculpteur égyptien a opté pour une carte circulaire des constellations avec une projection stéréographique conique. Si on part du centre du disque et que l’on calcule le rayon du cercle du Zodiaque de Dendéra, on obtient forcément 90°. Ce nombre est comme vous le savez utilisé pour déterminer une déclinaison astrométrique :



Pour vérifier si le Zodiaque de Dendérah est fiable en ce qui concerne le calcul des déclinaisons, servons-nous de l’étoile alfPhe de la Constellation Phoenix dont nous avons abordé l’analyse dans le chapitre "Décans ou hémisphères". La déclinaison de l’étoile alfPhe est -42° 18'18,4" et son ascension droite est 0 h 26 min 16 s, 87 s pour les francophones et 0 h 26 min 17 s .05 140 s pour les anglophones. Certes sur la carte ci-dessous, les secondes ne sont pas indiquées à cause de leur taille, mais les degrés et minutes des cadrans circulaires autour du Zodiaque de Dendérah ainsi que les mentions +45° et -45° des cercles rouges peuvent nous servir de repères fiables :



La déclinaison de l’étoile alpPhe indiquée selon la règle est juste à un degré près, mais n’oublions pas qu’ici, c’est l’hémisphère Nord qui est affiché en projection stéréoscopique conique et n’oublions pas non plus que la constellation Phoenix est une constellation du Sud. Nous constatons donc visuellement que l’espace entre -45° et -90° sur le Zodiaque de Dendéra est bien l’hémisphère Sud. Ce dernier chapitre nous démontre que cet artefact égyptien méritait une analyse astronomique plus approfondie que les éclipses erronées de Aubourg nous cachaient depuis 1995. Souhaitons au Zodiaque de Dendéra de renaître de ses cendres afin que chacun puisse s’en servir à nouveau pour s’y retrouver plus facilement parmi les étoiles.


Conclusion :

L’auteur de cette contre-analyse qui a fait apparaître les erreurs de Aubourg (et celles du Musée du Louvre) tient à préciser qu’elle n’est en rien ni une attaque ni un règlement de compte personnel contre eux. Il s’agissait seulement à l’aide de données et d’outils informatiques modernes de mettre à jour ce qui en 1995 était difficile à vérifier selon les outils et données du siècle dernier.

Certes, il n’y a pas d’éclipses sculptées sur le Zodiaque de Dendéra, mais on peut se servir de cet artefact comme carte stellaire moderne et sur bien des points, cet artefact égyptien est plus précis que les posters astronomiques courants punaisés aux murs des chambres des adolescents à travers le Monde. N’est-il pas temps de changer notre vision de l’astronomie moderne pour revenir à une vision plus précise comme l’est la version égyptienne plutôt que continuer à nous fier à une astronomie issue de la mythologie ?


Bibliographie et sources :

- PDF BIFAO : "La date de conception du zodiaque du temple d’Hathor à Dendera" par Aubourg, 1995.

- Nasa, list of eclipses.

- "The Zodiac of Paris, Controversy" par Jed Z. Buchwald et Diane Greco Josefowicz, 2010.

- "Notice sur le voyage de M. Lelorrain en Egypte" de Sébastien Louis Saulnier, 1822.

- Les mathématiques de l'Egypte ancienne, Marianne Michel, publié aux Editions Safran, 2014.

- Revue archéologique, 1ère Année, n°1, 1844.

- "Notice sur le zodiaque de Dendéra" de A.J. Saint Martin, 1822.

- Ephemerides de Pyephem.

- Conférence "Etat des sources et transmission de l'astronomie antique" par Denis Savoie, 2011.

- Vie de Ptolémé XII, Antikforever.

- PDF BIFAO : "Le trône d’une statuette de Pépi Ier trouvé à Dendara" par François Daumas, 1952.

- "Uranometria" de Johann Bayer, 1603.

- Simbad, Astronomical Database - CDS.

- Mathematiques, maths-et-tiques.

- "Recherches sur plusieurs points de l'astronomie égyptienne appliquées aux monumens astronomiques trouvés en Égypte", par Jean-Baptiste Biot, publié chez Firmin Didot, 1823.

- IAU, International Astronomical Union.

- L'Astronomie égyptienne, Andrillat, H, SAO/NASA Astrophysics Data System (ADS).

- L'Astronomie de l'Egypte Antique, Antoniadi, E.-M, SAO/NASA Astrophysics Data System (ADS).

- UAU, Sources cartes stellaires.